Délégationde la Meuse-Moselle

Crise sanitaire

L’accompagnement à la scolarité à distance

Témoignage d’une bénévole

Marianne*, bénévole engagée au Secours Catholique de Meuse-Moselle, accompagne les enfants dans leur scolarité depuis treize ans. Référente de cette activité à Metz et ses alentours, elle suit trois enfants dans deux familles différentes durant l’année scolaire, une à deux fois par semaine, à leur domicile. Elle a maintenu les liens avec ces enfants et leur famille pendant le confinement. Elle en parle.

Photo issue d'un reportage antérieur à la crise sanitaire.

Au début du confinement, j’ai interrogé ces deux familles afin de savoir comment se passait le suivi des enfants avec l’école et le collège et notamment pour deux d’entre elles en difficulté scolaire. Lors de ces contacts, j’ai également apporté un soutien moral aux familles si le besoin se faisait sentir.

Les suivis par les enseignants étaient bien sûr très différents. Léa* en CE1 bénéficiait par l’intermédiaire des réseaux sociaux, d’un suivi quotidien d’une heure par jour de son enseignant ajouté à celui de sa famille. Myriam* également en CE1 n’avait comme seul lien avec son enseignant, l’envoi du travail à faire pour la semaine et sa famille, peu aidante. J’ai entrepris un contact presque quotidien avec Myriam pour essayer avec elle, d’effectuer le travail donné par la maîtresse, mais c’était extrêmement compliqué d’expliquer à distance, des notions peu acquises. J’ai donc révisé à la baisse, les objectifs de l’école... et considéré que mon objectif était de maintenir un lien régulier avec cette enfant grâce à des choses faciles à réaliser à distance, comme lire des histoires, compter, se repérer dans le temps par l’observation d’un calendrier, repérer les mois, les saisons, etc. Rien d’extraordinaire, mais le lien maintenu a permis à Myriam d’avoir un espace d’expression et d’écoute et ainsi d’être valorisée. Et elle tenait à ces rendez-vous. Sa maman m’a exprimée ses remerciements en me disant que ce que je faisais était très important. Je suis restée en lien avec elle qui avait beaucoup d’inquiétudes, les enfants ne sont pas sortis une seule fois durant les sept semaines de confinement... Elle était très hésitante quant à la reprise de l’école, mais a finalement donné son accord. J’espère que sa fille fera bien partie des enfants sélectionnés par l’école pour reprendre le 12 mai.

J’ai eu des contacts avec les autres bénévoles qui ont surtout maintenu un lien téléphonique avec les familles, l’aide était assez difficile à apporter via les réseaux sociaux avec les enfants en classes primaires. Nous sommes tous assez inquiets sur le devenir de ces enfants qui ont été désocialisés avec plus ou moins de soutien ou de stimulation dans leurs familles, et attendons la reprise de l’école avec impatience...

*Dans le respect de l’anonymat, les prénoms ont été modifiés.

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