Délégationde la Meuse-Moselle

Été solidaire à Calais : journée du 8 juillet

Été solidaire à Calais : journée du 8 juillet

publié en juillet 2016

C’est déjà notre dernier jour à Calais. Ce matin nous avons rendez-vous avec tous les salariés et bénévoles du Secours Catholique de Calais pour le temps de partage hebdomadaire. Chacun exprime tour à tour, sans s’interrompre, ce qu’il a vécu durant la semaine. C’est l’occasion pour nous de remercier chaleureusement toute l’équipe. Nous exprimons notre admiration pour la souplesse, la disponibilité et la réactivité des salariés face à la situation d’urgence que constitue la « jungle », ainsi que pour l’ambiance familiale qui règne à l’accueil de jour entre salariés, bénévoles et accueillis.

Après la réunion, nous partons avec des membres de l’équipe déjeuner dans un petit restaurant afghan au milieu de la « jungle ». Nous rencontrons sur le chemin deux Afghans tadjiks, qui vénèrent le commandant Massoud, héros décédé de la résistance aux talibans. Le restaurant, qui fait penser à un boui-boui asiatique, propose une nourriture délicieuse. À la fin du repas, nous négocions pour diminuer les prix, tandis que Maryam donne l’adresse du Secours Catholique à un client.

Nous passons notre dernier après-midi à l’accueil de jour, où une quinzaine de migrants regardent un film dans le cadre d’un atelier cinéma. Puis nous jouons avec eux au baby-foot et au ping-pong. Ismaël, à qui nous avons donné des cours de français les jours précédents, nous invite à boire un thé à 19 h dans la tente principale du groupe de Soudanais avec lequel il partage les repas.

Nous passons un dernier moment convivial dans la « jungle », sous la grande tente faite de bric et de broc. Bientôt, un de nos hôtes nous apporte des plats de viande en sauce, alors que nous n’étions venus que pour le thé. Nous retrouvons dans ce geste la grande générosité des migrants. Nous discutons football, mœurs, cinéma. Ismaël nous montre des photos de son village d’origine au Darfour, une oasis de verdure dévastée par les incursions des groupes janjawids armés par le gouvernement soudanais. Nous le remercions et lui souhaitons bonne chance ; il nous serre chacun dans ses bras.

Puis nous quittons la « jungle », heureux de notre séjour, des moments de rencontre et de partage, mais aussi indignés par les conditions de vie déplorables des migrants, notamment au niveau sanitaire. Georges, lui-même réfugié, qui en tant que salarié ou bénévole a connu de nombreux camps de migrants, nous le répète : « jamais je n’ai entendu parler, ni été témoin d’une situation semblable à celle de la “jungle” ».

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