Délégationde la Meuse-Moselle

Été solidaire à Calais : arrivée

Quatre bénévoles de la Young Caritas Meuse-Moselle – Clarisse, Georges, Marc et Vincent – sont partis pour Calais dans le cadre de l’opération Été solidaire. Voici leur premier témoignage.

Été solidaire à Calais : arrivée

publié en juillet 2016

Après de longs mois de préparation, un réveil à 3 heures du matin et 5 heures de route, nous voilà enfin à Calais, en cette première semaine de juillet ! Il est 10 heures du matin, et nous sommes accueillis à l’accueil de jour (AJR) par des bénévoles. Ils nous font visiter les lieux, et nous parlent d’une activité populaire : la réparation et la distribution de vélos aux migrants qui en ont besoin pour se déplacer dans Calais. La salle arrière de l’AJR est remplie de pièces de vélo ! Comme aucune activité n’est prévue ce matin, ils nous encouragent à aller découvrir la « jungle » par nous-mêmes. La stagiaire nous donne des laissez-passer, et nous partons immédiatement.

Après quelques minutes de route, nous voilà à la lisière de ce qui était la partie sud des camps. À la suite de l’évacuation par les forces de l’ordre, il ne reste plus au milieu des dunes qu’une école de bâches et de bois, et plus loin, une église entourée de quelques tentes. Nous passons ensuite devant un terrain rempli d’habitations construites par l’État, en forme de containers.

Plus loin, nous nous enfonçons dans la partie nord de la « jungle », un vrai bidonville en terre française. D’emblée, nous sommes surpris par la variété des nationalités présente dans la « jungle ». « La “jungle” est comme le monde entier », nous dit Georges le soir venu. Il y a un quartier afghan, un quartier soudanais, un quartier éthiopien ; nous y retrouvons des traits culturels propres à chacun de ces pays. Nous rencontrons aussi un migrant tadjik, des Bosniaques… Au milieu des tentes de fortune et des baraquements, des migrants ont installé des épiceries qui font penser à l’Inde ou à l’Afrique. Il y a surtout des hommes, mais aussi des mineurs malgré la promesse des pouvoirs publics de leur venir en aide !

Nous ne nous attardons pas trop : nous nous sentons un peu comme des « touristes ». Nous rentrons donc à l’accueil de jour pour rencontrer notre salariée référente, Maryam, qui nous parle de nos missions de l’après-midi. Marc et Georges iront participer à un atelier artistique, afin d’aider des migrants à construire des œuvres à partir de morceaux de vélo. Vincent et Clarisse vont donner des cours de français à l’accueil de jour, pour remplacer les bénévoles partis en vacances.

Le soir venu, nous sommes invités avec Marie, la stagiaire chargée du pôle asile, à partager le repas avec une communauté de Soudanais dans la « jungle ». Comme ils font ramadan, il s’agit du repas de rupture du jeûne. Nous sommes touchés, presque gênés, car ces personnes, malgré leur situation, sont prêtes à nous donner du surplus de nourriture […]. Elles sont même très heureuses d’avoir quelque chose à partager avec nous. L’ambiance est à la joie de la rencontre, malgré le dénuement et la différence de langue. Avec quelques gestes, nous arrivons à nous comprendre. Les plats sont délicieux, nos hôtes nous apprennent à manger avec les mains, « à la soudanaise ».

Le jour suivant, nous sommes séparés dès le matin. Marc et Georges vont donner des cours de français dans la « jungle ». Ils se rendent compte qu’il y a assez de bénévoles pour assurer les cours, et préfèrent aller à la rencontre des migrants pour leur donner l’adresse de l’accueil de jour du Secours Catholique. Georges retrouve même un de ses meilleurs élèves des cours de français qu’il assure à Caritas Moselle. Étant donné qu’en été, il n’y a pas de cours de français à Metz, il a fait l’effort de venir dans la « jungle » de Calais pour continuer à progresser. Clarisse et Vincent se rendent quant à eux avec Maryam au camp des femmes, pour convaincre des mères et leurs enfants de rejoindre un atelier cuisine à l’accueil de jour. Elles habitent un camp clôturé de tentes et de « containers », tenu par l’État, au fond de la « jungle ». À chaque fois que des femmes veulent sortir du camp, des salariés doivent venir ouvrir la grille.

Nous nous retrouvons tous à l’accueil de jour, ou un repas a été préparé pour les enfants et certaines de leurs mamans qui ne font pas ramadan. Les enfants sont affamés et ne laissent pas une miette dans leur assiette. Clarisse et Vincent passent ensuite l’après-midi avec les enfants ; la communication est parfois difficile car ils ne parlent ni français ni anglais ! La joie est tout de même au rendez-vous. Les enfants se disputent les bicyclettes, les deux guitares, dessinent et apprennent à réaliser des sculptures en argile. Marc et Georges vont quant à eux à l’hôpital, au départ pour donner des cours de français. Là encore, il y a assez de bénévoles. Ils vont alors visiter des migrants malades dans les chambres, pour connaître leurs besoins et leur apporter un peu de réconfort. Le soir venu ils nous [expliquent] que le simple fait de discuter avec les migrants, sans leur apporter d’aide matérielle, n’est pas dépourvu d’utilité et leur apporte de la joie et du réconfort.

Une fois encore, nous sommes conviés avec Marie à partager le repas de rupture du jeûne d’un groupe de Soudanais qui dorment dans des tentes installées côte à côte, à la lisière de la « jungle ». Nous découvrons la recette de l’assida, une sorte de pâte qui est l’équivalent du pain au Soudan. Nos hôtes nous racontent leur quotidien, leurs tentatives infructueuses pour passer en Angleterre. Nous discutons jusqu’à minuit autour de braseros improvisés, alors que dans tout le camp, des cris de joie accueillent la fin du ramadan.

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